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du 9 au 13 juin CREATION |
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Ea Sola a passionné son public occidental avec de grandes danses ritualisées, puisées à la source d’une tradition vietnamienne immémoriale. Fondamentalement exilée entre deux mondes, la chorégraphe continue de parcourir l’Asie. Laquelle vit aujourd’hui l’accélération de mutations d’une intensité inouïe, qu’on appelle modernité. En toute brutalité : cohortes de corps épuisés, asservis à la tâche ; esprits avides d’un mieux-être qui gommerait les tragédies de l’histoire. Modernité ? Ce mot suffit-il ? Ea Sola le questionne. Pour sa nouvelle pièce Le Corps Blanc, la chorégraphe, perdue à son arrivée en France, se souvient de ce que lui apporta la découverte des grandes pensées de la modernité. Particulièrement, Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie : postulat de l’Anonyme accédant à sa pleine conscience de sujet face à la tyrannie. Un texte bientôt vieux de cinq siècles. Cinq siècles ? |
La modernité a donc toute une histoire, voire une tradition. Elle ne se réduit pas à l’instant du profit. En livrant ce thème à trois lecteurs-acteurs et trois danseurs d’Asie, accompagnés de musiciens, Ea Sola ravive l’enjeu complexe des idées émergeant entre histoire et géographie, par les corps et leur mouvement jaillissant. « C’est pour le monde tout entier que l’Europe doit protéger ce qu’elle est, prendre son temps dans l’ouragan, préserver l’individu, et finalement la poésie », avertit cette personnalité universelle, sachant parler d’ici depuis l’ailleurs. Gérard Mayen EA SOLA ET LE THEATRE DE LA VILLE 1997 Il a été une fois 1999 Voilà, voilà 2001 Requiem 2005 Sécheresse et Pluie Vol. 2 |
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