du 10 au 14 février

TARIF B

CREATION

 

Josef Nadj
Centre chorégraphique national d'Orléans

Entracte

4 danseurs et 4 musiciens

  Deux blocs de glaces cernent un important dispositif centré sur le plateau. En fond de scène, il est délimité par des panneaux ombrés. Là, naissent et se réfléchissent des images troubles, évanescentes. En contrebas, tout se dédouble. Boîtes, échelles ou plates-formes en espalier cernent deux formations musicales accolées comprenant chacune contrebasse et percussions. La scénographie semble absorber ceux qui s’y aventurent soit le compositeur, Akosh Szelevényi, et le chorégraphe Josef Nadj ainsi que les musiciens et les danseurs. Entre ces deux espaces, une simple ligne, sinueuse et mobile, où l’artiste rend visible le dessin d’un autre dialogue, celui de la musique live et du mouvement.
Entracte, sa dernière création, s’inspire de la sagesse chinoise. En se référant au livre des transformations, le Yi King, elle décline un propos dont l’écriture emprunte à la photographie ou au cinéma pour jouer entre champ et contrechamp.
  En bordure, sur le seuil, de façon décadrée, apparaissent des images, symboliques et abstraites, éminemment poétiques. À l’avant-scène et sur les bords de ce tableau vivant, se développent des tracés, avec des ombres, des lignes peintes, par ou avec les corps. La danse s’immisce peu à peu dans cet espace qu’elle parcourt à la façon d’un bas-relief. Solos, duos, mouvements d’ensemble ornent le dispositif. Où l’on retrouve ici cette façon singulière de composer qui caractérise le chorégraphe. Passant d’un medium à l’autre, Josef Nadj tisse avec jubilation des liens entre musique et danse mais aussi entre arts plastiques, littérature, théâtre et mouvement.

Irène Filiberti


JOSEF NADJ : 17e passage au Théâtre de la Ville depuis 1987.