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du 12 au 19 mai CREATION |
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Voilà trente ans que la danseuse et chorégraphe québécoise Marie Chouinard écrivait son premier solo Cristallisation (1978) autour des gestes incongrus qui lui échappaient. De formation classique, elle déchiquetait la carapace de la technique académique pour retrouver un corps instinctif. Toujours aux aguets, elle a su transmettre à d’autres les secrets de sa danse bâtie autour d’une connaissance intime du corps. Souple et frémissante, son écriture allie des qualités conflictuelles entre sophistication et archaïsme. Avec plus d’une douzaine de spectacles depuis la création de sa compagnie en 1990, elle a développé une grande force visuelle et plastique. Parallèlement à des pièces plus personnelles, elle a aussi imposé ses relectures de grands ballets comme Prélude à l’après-midi d’un faune (1987) sur la musique de Debussy et Le Sacre du printemps (1993) de Stravinski. Bardées de prothèses sexuelles, les interprètes s’y métamorphosaient en créatures mutantes pour un rituel des origines. Sa nouvelle pièce, Orphée et Eurydice sur une musique originale de Louis Dufort, s’attache aux arcanes de la création. Se risquant toujours plus avant dans la mise à jour des pulsions, Marie Chouinard défie la danse de raconter la vie au plus profond, au plus animal. Elle aime raconter qu’enfant, elle fut marquée par un documentaire sur les parades de rut des animaux. Ce choc originel a tatoué sa mémoire, faisant de sa danse un art éminemment érotique, loin, très loin de toute bienséance artistique. Jeanne Liger MARIE CHOUINARD : 5e passage au Théâtre de la Ville depuis 2002. |
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