du 26 au 30 mai

TARIF A

CREATION

 
     

Meg Stuart
Damaged Goods

 

création 2009

  REBELLE A TOUT FORMATAGE.
Depuis ses débuts, elle est là où on ne l’attend pas nécessairement. En 1991, son premier long spectacle, Disfigure Study, franchissait l’Atlantique pour gagner l’Europe, sous les auspices du Klapstuk, en terre flamande – un festival qui n’avait pas son pareil pour révéler de nouveaux talents. Bienvenue Meg Stuart ! Sa courte biographie la présentait comme interprète et chorégraphe assistante de Randy Warshaw, lui-même issu de l’excellente compagnie Trisha Brown. En France, cette lignée brownienne commençait à diffuser le goût des fluidités propres aux techniques de release*. Mais d’emblée, Meg Stuart forgeait un autre vocabulaire, où la brisure s’insinuait dans le flux. Danse du désastre, a-t-on alors diagnostiqué. Les États-Unis arrivaient au bout des années Reagan, et le sida y répandait ses affres. Décidant d’installer sa compagnie à Bruxelles, Meg Stuart allait trouver en Europe (notamment auprès du Théâtre de la Ville, qui l’accueillait dès 1996) le support de ses créations. Riche en connexions avec des musiciens (Hahn Rowe), et surtout des artistes visuels (Lawrence Malstaf, Gary Hill, Ann Hamilton, Bruce Mau…), son œuvre ne s’est jamais enfermée dans le corset d’un style.
 
De pièces de groupe à forte prégnance théâtrale (surtout ces dernières années, depuis que sa compagnie Damaged Goods ait été hébergée par Christoph Marthaler à Zurich, et aujourd’hui par Frank Castorf au Volksbühne de Berlin) aux rencontres électives (avec Benoît Lachambre, Francisco Camacho, Philipp Gehmacher), en passant par les installations et les projets d’improvisation qu’elle déploie avec un sens aigu de l’aléatoire, Meg Stuart est au fond restée rebelle à tout formatage. Pour l’heure (mai 2008), sa prochaine création est encore une page blanche, sans titre ni thème. La danse mise au défi de reconnaître ce qui reste insu.

Jean-Marc Adolphe


* En danse, les techniques de release se caractérisent par une recherche de mouvements qui reposent sur un minimum d’effort musculaire, tout en ouvrant le champ des perceptions sensorielles.


MEG STUART : 11e passage au Théâtre de la Ville depuis 1996.