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Sasha Waltz |
Allée des cosmonautes (1996) 6 danseurs |
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ALLEE DES COSMONAUTES ET ZWEILAND. Petites chicaneries, luttes ménagères, étreintes fortuites et violences mélancoliques, puis, de temps à autre, quelques fugues merveilleuses… Ainsi va la vie, chiche et vorace, collée de bric et de broc, tournicotant en sursauts nerveux dans l’intérieur étriqué du quotidien. Pendant que le frigo ronchonne, que s’épuise la grisaille au dehors, ça cogne, ça rage, ça tabasse au-dedans, entre désirs furieux, rêves trempés de frustrations et perspectives dérisoires. La danse de Sasha Waltz vient de là, de ce regard aigu sur le monde, de ces batailles homériques, poignantes et grotesques, qui balisent la routine de l’existence. Dans Allée des cosmonautes (1996), la chorégraphe allemande s’introduit en documentariste au cœur d’une cité populaire berlinoise, dans l’appartement exigu d’une famille nombreuse. Elle observe, derrière le paravent des schèmes sociaux, là où se débattent les fantasmes qui ne s’avouent pas, là où l’indicible s’échappe des menus gestes, comme par inadvertance. |
Avec Zweiland (1997), elle pousse son questionnement sur le terrain sociopolitique et montre un Berlin « divisé » dans le chantier de sa réunification, aux prises avec les fantômes de l’histoire et les tiraillements du présent. Explosive, inventive, saturée de cette hargne mêlée d’espoir qui trahit la vitalité, pagailleuse et cruelle, la danse marie l’humour et le tragique en un puissant précipité de figures symboliques pour donner corps aux détresses intimes comme aux contradictions d’une société en déliquescence. Gwénola David SASHA WALTZ : 9e passage au Théâtre de la Ville depuis 2000. |
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