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samedi 7 mars 17h et dimanche 8 mars 17h

TARIF D

     
KLAPA ISKON'
chœur polyphonique masculin
 

Morko Pecotic, Marko Lasic, Teo Bikic ténors
Mislav Biocina baryton
Zvonimir Kovacic, Ante Blazevic basses

Croatie

  POLYPHONIES DALMATES.
« Les mots sont les passants mystérieux de l’âme. » Victor Hugo

À l’écoute de ces voix dalmates, on ne s’étonnera guère que l’ensemble corse Barbara Furtuna interprète volontiers l’un des chants de leur répertoire. Venues des rives d’une autre mer, celles de l’Adriatique, qui baigne la côte dalmate en Croatie, ces six voix masculines forment une klapa. Ainsi désigne-t-on, en dialecte de Trieste, « un groupe d’hommes liés par des intérêts communs, principalement des rapports amicaux ». Iskon’ est l’une des plus talentueuses de ces quelque deux cent cinquante klape recensées, forte chacune de cinq à onze chanteurs, qui perpétuent la tradition profane et sacrée dalmate. Un riche patrimoine hérité des brassages des diverses cultures qui ont nourri le sud de la Croatie. Il est, entre autres, le fruit de l’influence des chants liturgiques grégoriens et d’une inspiration mélodique méditerranéenne mais également slave. Récente, cette tradition urbaine est apparue au milieu du XIXe siècle dans ces petites agglomérations et ces villes de la Croatie méridionale. Apanage des hommes, ces chants a cappella étaient offerts, le soir, comme une sérénade, dans les ruelles, sur les places des cités, au sein des maisons lors des festivités familiales…
 



Les paroles, en dialecte local, s’inspirent de la vie quotidienne. Elles sont le miroir de l’existence laborieuse de ces femmes et de ces hommes, nés sur une terre aride, et appelés sur « les routes bleues de la mer ». Elles évoquent travaux et amours, peines et joies comme la nostalgie de cette terre natale abandonnée pour un exil vers des lointains incertains. Chansons satiriques et humoristiques, chants sacrés et airs de fêtes, hymnes à la mer et célébrations du vin appartiennent aussi au répertoire.
Le nom d’Iskon’ se réfère au temps passé : un temps où, pour exprimer amours et peines, les hommes chantaient. Fondé en 2000, cet ensemble réunit trois ténors, un baryton et deux basses qui portent ces chants polyphoniques, miroir de toute une communauté. La pureté du timbre, la puissance et la beauté de ces voix ont contribué à leur notoriété. Paris se devait d’accueillir cette klapa emblématique, ambassadeur d’une riche tradition vocale.

Jacques Erwan