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| Pushparaj Koshti surbahar dhrupad |
Manik Munde pakhawaj Pour la 1re fois au Théâtre de la Ville. Inde du nord |
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Pushparaj Koshti est l’un de ces musiciens pour les “Happy Few” que l’on cite avec respect dans les cercles éclairés de la musique hindoustanie. Discret, presque effacé, se concentrant uniquement sur son art, qui est celui d’une méditation sur le raga via le genre dhrupad, fondement de la musique du Nord, cet homme d’un calme imperturbable suit un chemin comparable à une ascèse. Mais cette rigueur de vie n’est pas de celles qui excluent le plaisir esthétique, bien au contraire. La recherche des sons purs et de la justesse des notes est aussi un but en soi, un Nada Yoga selon le précepte philosophique hindou du Brahma Nada qui veut qu’ « à l’origine du monde était le son ». Et se retrouver dans le son apporte le bien-être pour soi et l’entourage, loin de la vie agitée où la sagesse n’a pas cours. Alors qu’il s’adonne à la pratique du sitar tout en continuant ses études, il découvre le dhrupad instrumental lors d’un concert de celui qui allait devenir son guru, feu Zia Moihuddin Dagar, le maître insurpassable de la rudra veena, présenté il y a des années au Théâtre de la Ville. |
Tous deux habitent Mumbai, ce qui facilite son enseignement auprès de l’Ustad. Le guru chante des passages du raga étudié et le disciple doit trouver les moyens techniques pour répéter les phrases. Plutôt que de se lancer dans une carrière musicale qui l’obligerait à des compromissions, le jeune musicien décide de suivre une autre voie moyenne, prenant un job qu’il garde jusqu’à sa récente retraite d’une compagnie d’assurances. Il ne regrette en rien ce choix qui lui permet de garder toute liberté de pratiquer le surbahar ou le sitar là où il le souhaite : pour des amateurs éclairés, capables d’apprécier cette haute musique savante. Gros sitar d’un mètre trente de longueur, le surbahar peut atteindre des sons d’une amplitude inouïe dans les graves qui irradient l’atmosphère en nous plongeant au cœur de l’univers. Pushparaj Koshti nous laisse l’humble et lumineux témoignage qu’en musique pure, rien n’est perdu dans son pays en pleine expansion. Christian Ledoux |
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