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Dès qu’on entend la voix de la jeune Syrine Ben Moussa, née en 1984, on est saisi par une présence immédiate : clarté, attaque des notes, mélismes d’une grande précision, longues arabesques venant développer le mouvement incessant du chant. Cette voix semble déjà incarner le chant arabe dans toute sa beauté. Fille d’un architecte mélomane originaire de Testour, ville emblème du Malouf, Syrine Ben Moussa étudie le violon et le chant dès l’âge de neuf ans. À onze ans, elle intègre le conservatoire El Farabi et entre au Conservatoire supérieur à dix-sept ans. Son père l’emmène à tous les concerts, sans oublier les expositions d’art ou d’histoire qui lui forment le goût. Elle s’initie au oud en autodidacte. Elle a la chance d’être présentée au maître du Malouf Tahar Gharsa (disciple du grand Khemnis Ternane), avec qui elle se perfectionne pendant un an, jusqu’à la mort de celui-ci en 2003. |
Celui que Syrine décrit comme un « maître extraordinaire, généreux et partageur » lui enseigne les secrets de son art, comme s’il désirait déposer son savoir entre les mains de la jeune fille qu’il juge très douée, intelligente et intègre. Excellent compositeur, auteur de chansons devenues nationales dont Mechmoum El Fell et Meguies, il la guide dans l’art de la composition. Cette générosité rarissime dans ce milieu porte ses fruits : Syrine est invitée à des festivals de Malouf dans son pays et en Algérie. En 2007, elle s’installe à Paris pour préparer un master en musicologie dont le sujet est une étude comparative des modes tunisiens et algériens ayant la même échelle, ce qui prolonge sa réflexion sur l’interprétation du Malouf, genre arabo-andalou pratiqué à l’est de l’Algérie, en Tunisie et en Libye. Christian Ledoux |
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