| Le monde du violoncelle est l’un des plus contrastés qui soient. La beauté intrinsèque du son que produit cet instrument se plie à l’expression des personnalités les plus diverses. Notre époque peut acclamer aussi bien la fougue extravertie d’un Rostropovitch que la lumineuse intériorité d’un Perényi. D’un côté la grande et violente école russe, de l’autre la subtilité métaphysique de l’école hongroise, incomparable pour le travail des instruments à cordes. Depuis 1986, Miklós Perényi, avec divers partenaires dont, ces dernières années à trois reprises, Dénes Várjon, a proposé au public du Théâtre de la Ville d’incroyables programmes illustrant la quasi-totalité de l’histoire de la musique, de Bach à Dutilleux et Ligeti. Fabuleuse |
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| émergence d’une très riche personnalité au premier abord si pudique qu’on la croirait introvertie. Le jeu de Miklós Perényi, est en fait la somme, unique en son genre, d’une réflexion permanente sur la musique, la vie, le rapport à l’instrument. Il s’expose dans un libre mouvement de générosité, étranger à toute idée d’exhibition emblématique. Secondé cette année encore par Dénes Várjon qui incarne la plus brillante école de piano hongroise, Perényi a choisi d’entourer Brahms, référence quasi incontournable, |
de trois compositeurs situés à la charnière des xixe et xxe siècles, illustrant l’héritage romantique, en Europe centrale, avec Kodály et Martinu et en France avec Albéric Magnard, hommage bien venu à un compositeur très oublié dans son propre pays ! Écouter Perényi et Várjon sera une fois encore une expérience précieuse, mémorable. Gérard Mannoni |
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