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Atropa |
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La Vengeance de la paix Guy Cassiers mise en scène Guy Cassiers avec Katelijne Damen, Gilda De Bal, Vic De Wachter, Abke Haring, Marlies Heuer, Ariane Van Vliet |
en néerlandais surtitré en français |
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Atropa au Festival d'Avignon 2008 Guy Cassiers clôt avec maestria son Triptyque du pouvoir […] Un beau texte qui confronte Agamemnon, chef de l’armée grecque, à six femmes […] Cette pavane de mort à la beauté hiératique est portée par la magie formelle que déploie le théâtre de Guy Cassiers. Nombre de scènes sont d’une splendeur visuelle à couper le souffle. Fabienne Darge, Le Monde Un très beau texte en alexandrins de l’écrivain anversois Tom Lanoye, des acteurs parfaits (rarement a-t-on autant entendu la beauté de la langue néerlandaise) et une somptueuse mise en scène de Guy Cassiers. Guy Duplat, La Libre Belgique Scénographie admirable, en formidable hommage à la tragédie grecque, et admirable tenue par les acteurs de cette langue poétique réécrite à l’antique et cependant contemporaine. Antoine Wicker, Dernières Nouvelles d’Alsace Une séance d’hypnose […] Qui a dit que le néerlandais n’était pas une langue harmonieuse ? Les mots coulent de source et sont bientôt une drogue dont on redemande […] la guerre du point de vue des femmes […] Toutes sont remarquables de tenue dans la douleur ou la colère. René Solis, Libération |
Un seul homme : Agamemnon. Et des femmes. Épouse, fille, captives, et puis Hélène, dont le rapt servit de prétexte à l’ancêtre de nos « justes guerres ». Toutes victimes, unies par le malheur, réunies au devant d’un océan perdu dans le ciel, par moments traversé des rouges lumières de la mort. Dans la sobre splendeur du paysage, l’homme va et vient, répétant les discours de sa bonne conscience, les femmes parlent. Se parlent. Se disent comme en un seul chant, la nécessité absolue, immédiate, d’éluder leurs conflits personnels, de fuir au plus loin et jusque dans la mort pour enfanter un autre monde, qui serait beau. Un lieu de vie. Atropa est le nom grec de belladone, plante vénéneuse qui porte au rêve… Colette Godard Agamemnon, the only man, among women: his wife, his daughter, captives and Helen whose abduction provided the excuse for «just wars». All these women are victims, allies in misfortune, assembled against a background of merging ocean and sky sometimes streaked with the red lights of death. In a landscape both sober and grandiose, the man is pacing up and down, repeating the words of his good conscience, while the women speak; they speak to each other, voicing as if in one single chant the absolute and immediate need to elude their personal conflicts, to flee as far as possible even to the point of death in order to give birth to another world which would be beautiful, a place to re-create life. Atropa is the Greek name for belladonna, a poisonous plant inducing dreams... Colette Godard |
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« Les deux premières parties de la Trilogie parlent des guerres, en donnent les conséquences politiques, mais on ne les voit pas. Elles sont hors scène, hors écrans. Elles paraissent aussi virtuelles que dans les journaux télévisés. Ou même sur ces textes qui glissent au bas de l’image pour annoncer un résultat sportif tout de suite après le nombre de morts dans un bombardement ou un attentat. Donc, il nous fallait revenir à l’origine de ces éternels massacres. À la guerre fondatrice, tout au moins dans notre culture occidentale, la guerre de Troie. Nous pensons de toute évidence à l’Irak : après tout, les deux conflits ont été engagés sous un faux prétexte : l’enlèvement d’Hélène, les armes de destruction massive. Alors qu’il s’agit de batailles économiques, sans issue et sans fin. Depuis Troie, il en va ainsi d’une calamité après l’autre… Mais il ne s’agit pas de dire que les Grecs sont des Irakiens ou des Américains, que Troie représente New York, ou Bagdad. C’est soit l’une soit l’autre. C’est une ville en ruine. » Et l’histoire se passe dans les ruines du chapitre précédent. La guerre est là, sur les écrans. Également sur scène où Agamemnon affronte les fantômes de ses victimes plus ou moins directes : Hélène, Andromaque, Hécube, Clytemnestre, |
Iphigénie, Cassandre… Victimes non parce que femmes, mais surtout parce qu’en tant que femmes, elles ne sont pas des soldats qui se battent. Seulement des civils tués. Agamemnon est un survivant en plein cauchemar, en pleine débandade. Les femmes pourraient le tuer, elles décident de le laisser vivre sa solitude, l’agonie de son pouvoir, sa tragédie personnelle, son propre désastre. Le pire des châtiments. De même que dans Mefisto for ever s’incrustent des discours de Goebbels ou Goering, et ceux des dictateurs ou de Mac Arthur dans Wolfskers, ici ce sont les blogs d’une Irakienne qui tient son journal depuis le jour où George W. Bush a déclaré : « La guerre est finie ». Pour elle, elle commençait. Et puis ce sont quelques discours ou interviews de Bush et de Donald Rumsfeld qui sont attribués à Agamemnon. Pas exactement authentiques. Tom Lanoye les a traduits en vers, afin de leur faire rejoindre le langage de la tragédie grecque. Puisque entre jadis et aujourd’hui, rien n’a vraiment changé. Colette Godard |
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GUY CASSIERS Né en 1960, après des études d’art graphique, il entre dans le théâtre, pour les jeunes publics jusqu’en 1992. En 1995, il monte Angels in America de Kushner. En 1997, il reçoit le prix de la critique flamande. De 1998 à 2006, directeur artistique du Théâtre de Rotterdam, il commence à utiliser les techniques pointues d’images et de sons. De 2002 à 2004, il se consacre à une tétralogie dédiée à Proust. Il monte également différentes adaptations et, en 2006 quitte Rotterdam pour Anvers, le Toneelhuis, qu’il dirige avec un collectif comprenant notamment Sidi Larbi Cherkaoui et Wayn Traub. |
TOM LANOYE Né en 1958, il fait ses débuts officiels en 1983 avec un recueil satirique, La Vie en rose. D’abord connu par ses romans, il se lance dans des performances solo, et puis, en 1997, adapte les drames historiques de Shakespeare en un spectacle de onze heures mis en scène par Luk Perceval, joué en Allemagne avec un immense succès. Candidat aux élections municipales d’Anvers, en 2000 sur la liste des Verts, il écrit dans des magazines, intervient à la radio et à la télévision. En 2001, il travaille pour le Toneelhuis, et y crée, avec Guy Cassiers, Mefisto for ever en 2006. |
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