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du 18 mars au 4 avril

TARIF A

CREATION

     

Le jour se lève, Léopold !

 


Serge Valletti
Michel Didym

avec Olivier Achard, Quentin Baillot, Alexandra Castellon, Guillaume Durieux, Alain Fromager, Jean-Claude Legay, Catherine Matisse, Christophe Odent

 

mise en scène Michel Didym
scénographie Laurent Peduzzi
musique Philippe Miller
costumes Cidalia da Costa

  L’histoire se passe entre le coucher du soleil et le petit matin. Une histoire de copains. Dès qu’ils le peuvent, ils se retrouvent au bord de la mer. La mer Méditerranée puisque la pièce est de Serge Valletti, Marseillais fièrement assumé. Pour Michel Didym, qui la met en scène, ce pourrait être ailleurs. En tout cas, un endroit où l’on se retrouve ensemble, où l’on se parle en ramassant des coquillages. Un espace illimité et proche, à portée de regard, de main et de promenade, capable de déployer les forces de l’imagination.
L’invention, les personnages de Serge Valletti n’en manquent pas, qui sont capables, par exemple, d’entretenir un dialogue avec un chien imaginaire. Quant à savoir s’en servir positivement, c’est une autre affaire. Essaient-ils une légère escroquerie, à peine une blague, qu’elle échoue lamentablement. Leurs tours de magie les plus évidents ratent. Si bien que le mariage auquel ces tours servent d’attraction frôle le canular. Ce n’est pas grave. Finalement rien n’est grave. Sinon l’amour peut-être, ou bien encore la mort. Mais c’est à peine s’ils y croient. Alors quand le jour se lève, quelqu’un en mourra, « En pardonnant tout à ceux qui ne lui ont rien fait. »
Pour Michel Didym ces êtres-là ne sont pas vraiment des cinglés, ni des escrocs à la petite semaine, à peine des menteurs. Plutôt des
  raconter. Ils ne croient pas à grand-chose, sinon au hasard auquel ils accordent leur absolue confiance : en toute circonstance, y compris amoureuse, ils se laissent guider par lui. La seule chose en ce monde qui ne déçoive pas, puisqu’on ne s’y attend pas.
« Cette forme de logique singulière amène, en quelque sorte à la défaite de l’ordre. Que l’on ne doit pas confondre avec le désordre. Serge Valletti possède une sorte de génie rhétorique, celui de la digression, qui débouche sur une forme de dinguerie totalement maîtrisée. Le comique ne vient pas de répliques isolées. Il se met progressivement en place, se construit, se développe, se déroule, entraîne la salle en même temps que la scène dans un univers de cocasserie, de loufoqueries limites inquiétantes. »
Tout paraît aller de soi, ce n’est pas si simple. Au fil des mots Serge Valletti fait naître une harmonie complice, qu’il s’agit de ne pas détourner d’un centimètre, d’une seconde. Mais Michel Didym et lui se connaissent depuis vingt ans, lorsque tous deux, comédiens, jouaient sous la direction de Georges Lavaudant, Le Régent de Jean-Christophe Bailly. C’était en 1987, au Théâtre de la Ville. Depuis, ils se sont plusieurs fois retrouvés l’un auteur, l’autre metteur en scène, unis dans un même esprit d’allégresse tendrement désabusée.

Colette Godard
  mythomanes, disciples de don Quichotte :
« Comme lui généreux, complètement utopistes, piteusement héroïques. Ils n’ont aucune ambition, ni de pouvoir ni de richesse. Ce qu’ils cherchent, c’est la qualité d’un minimum vital qui leur permette de posséder les mots pour affabuler le monde, et puis leur existence, et avoir le temps de
 
  SERGE VALLETTI
Né à Marseille en 1951, à 20 ans, il entre dans le théâtre et ne le quitte plus. Il joue avec Daniel Mesguich, écrit en 1976 Au-delà de Rio, continue de se partager entre le jeu et l’écriture, entre café-théâtre et théâtre. En 1984, c’est Le jour se lève, Léopold !, publié chez Christian Bourgois, créé en 1988 par Chantal Morel au CDN de Grenoble, et c’est le succès. Sa production est gigantesque. Entre beaucoup d’autres, on peut citer Souvenirs assassins, et en 1990 pour Charles Tordjman Saint Elvis, pour Gabriel Monnet Carton plein… Il semble ne jamais cesser d’écrire, et de jouer, à Bussang comme à l’Athénée, à Toulouse comme à Théâtre Ouvert… Il est un “habitant du théâtre”.
  MICHEL DIDYM
Élève à l’École du TNS, il joue, dans les années 70, avec la plupart des grands metteurs en scène notamment Alain Françon, dont il est également assistant. En 1989, ll est lauréat du prix Villa Medicis hors les murs. En 1990, il fonde la Compagnie Boomerang, et en 1995 la Mousson d’été, consacrée aux textes inédits. Et en 2001, la MEEC, plus précisément dirigée sur les échanges et les traductions. Ce qui ne l’empêche pas de jouer, et de mettre en scène un nombre considérable de pièces contemporaines.

MICHEL DIDYM ET LE THEATRE DE LA VILLE
oct. 1994 Les visiteurs de Botho Strauss
fév. 1999 Sallinger de Bernard Marie-Koltès
mai 2003 Les animaux ne savent pas qu’ils vont mourir de Pierre Desproges (reprise en mai 2004)
mai 2006 Face de cuillère de Lee Hall