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MEFISTO FOR EVER AU FESTIVAL D’AVIGNON 2007 On n’ira pas par quatre chemins. C’est magistral, tant dans le domaine de la pensée mise en œuvre que dans la forme déployée, dans laquelle sont jumelés d’une main sûre l’art de dire, de se mouvoir propre à l’acteur et l’infinité de ressources des techniques visuelles et sonores, le tout suscitant une écriture scénique inouïe qui vous tient sans cesse en haleine. […] Admirable machine théâtrale qui jette le doute sur les pouvoirs du théâtre face au théâtre du pouvoir, Mefisto for ever met en relief la fertilité de la scène flamande en Europe. L’Humanité, J.-P. Léonardini,19/07/07 Grand art avec Mefisto for ever […] Puissante écriture et transcription scénique forte, tenue par des comédiens de haute flamme. Le génie flamand comme on l’admire. Il y aurait des pages à écrire sur un tel accomplissement. Le Figaro, Armelle Héliot, 24/07/07 |
L’histoire se passe à Berlin. En son théâtre, une troupe répète Faust, sous la direction d’une star de la scène, Köpler. L’histoire se passe en 1936, Hitler est au pouvoir. Grâce à Goethe, Tchekhov, Shakespeare, Köpler pense être en mesure de lui résister. Mais il ne résiste ni à la flatterie, ni à l’attrait de son propre pouvoir. Autour de lui, on survit un jour après l’autre. Qui, en ce temps, aurait imaginé jusqu’à quels extrêmes d’atrocités, à quel point de lâcheté mène ce poison : le Pouvoir ? C’est une histoire presque vraie, mieux que vraie, toujours vraie, conduite avec une précision ironique autant que méphistophélique par les splendides acteurs de Guy Cassiers, dialoguant en direct avec leur image. Colette Godard |
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Autre merveille : Mefisto for ever […]. Cette inexorable descente aux enfers, où l’abondance d’images vidéo fait pour une fois vagabonder l’imagination, évite tout naturalisme. Sa mise en scène inventive prend littéralement aux tripes. Télérama, J. Schidlow, 23/07/07 Il est difficile de ne pas succomber à la beauté formelle de Mefisto for ever. […] La sérénité que dégagent les acteurs du Toneelhuis d’Anvers, leur sobriété, leur art de dire avec le minimum, ont des vertus apaisantes. Libération, René Solis,19/07/07 Ancrage dans une esthétique contemporaine : c’est du théâtre multimédia d’une maîtrise rare, mis au service d’une sensibilité littéraire. Le Monde, Fabienne Darge, 19/07/07 |
The scene takes place in Germany in the 1930’s under the reign of the Nazis. Köpler, a renowned star of the Berlin stage, believes he can resist the regime thanks to his work, thanks, to Shakespeare and Goethe. However, he is carried away by his taste for power and he does not measure up to the challenge. “Keep watering down your wine and you’ll end up with just water.” Two worlds meet, confront each other and interact. The characters are face to face with their own image, which is simultaneously projected on screen with such precision that it all looks absolutely natural. The actors skilfully use subtle irony and yet get straight to the point, relentlessly disclosing the ropes of the show business of politics. Mefisto for ever is the opening piece of the Trilogy of Power which is this season’s major event. Colette Godard |
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GUY CASSIERS Né en 1960, après des études d’art graphique, il entre dans le théâtre, pour les jeunes publics jusqu’en 1992. En 1995, il monte Angels in America de Kushner. En 1997, il reçoit le prix de la critique flamande. De 1998 à 2006, directeur artistique du Théâtre de Rotterdam, il commence à utiliser les techniques pointues d’images et de sons. De 2002 à 2004, il se consacre à une tétralogie dédiée à Proust. Il monte également différentes adaptations et, en 2006 quitte Rotterdam pour Anvers, le Toneelhuis, qu’il dirige avec un collectif comprenant notamment Sidi Larbi Cherkaoui et Wayn Traub. TOM LANOYE Né en 1958, il fait ses débuts officiels en 1983 avec un recueil satirique, La Vie en rose. D’abord connu par ses romans, il se lance dans des performances solo, et puis, en 1997, adapte les drames historiques de Shakespeare en un spectacle de onze heures mis en scène par Luk Perceval, joué en Allemagne avec un immense succès. Candidat aux élections municipales d’Anvers, en 2000 sur la liste des Verts, il écrit dans des magazines, intervient à la radio et à la télévision. En 2001, il travaille pour le Toneelhuis, et y crée, avec Guy Cassiers, Mefisto for ever en 2006. |
L’un des grands moments du Festival d’Avignon 2007 a eu lieu au Théâtre municipal. C’était Mefisto for ever, d’après le roman de Klaus Mann, adapté par Tom Lanoye, mis en scène par Guy Cassiers. Lequel, au Festival 2006 déjà, avait ébranlé le cloître des Célestins, avec Rouge décanté d’après un livre de Jeroen Brouwers, décrivant son enfance dans un camp japonais pendant la guerre. Et l’on constatait enfin que les images projetées peuvent réellement et totalement appartenir au langage théâtral. Dans Mefisto for ever, – histoire de théâtre dans le théâtre – leur rôle est déterminant. En un fascinant effet miroir, elles redoublent les personnages, en même temps qu’elles établissent avec eux une forme d’échange dialectique, un va-et-vient entre ce qu’ils ont à jouer et ce qu’ils ont à vivre. Cette histoire commence à l’arrivée de Hitler au pouvoir, et raconte comment un acteur célèbre se fait en quelque sorte cannibaliser par les gouvernants. Il accepte de continuer à exercer son métier, et par la force des choses, finit par le mettre au service de la propagande nazie. Le roman part d’une situation réelle. Celle vécue par une énorme star de l’époque, Gustav Gründgens. Connu pour ses opinions politiques de gauche, il poursuivit sa carrière et devint, pour Goebbels, un emblème. Klaus Mann écrit Mephisto à chaud, en 1936. |
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|   | Guy Cassiers crée Mefisto for ever au Toneelhuis, en octobre 2006 dans sa ville natale d’Anvers, où l’extrême droite tient le haut du pavé avec presque 33 % d’électeurs. Il ressent alors l’urgente nécessité de parler de la relation entre théâtre et politique : « Il s’agit de montrer le comportement de l’artiste emporté par cette illusion que son art va lui permettre de diriger le monde non seulement sur scène, mais au dehors, et de faire naître ainsi un avenir meilleur. Qu’un jour ce soit ou non possible, je n’en sais rien. Ce n’est pas ce dont je parle. » Ce dont parle Guy Cassiers, c’est l’inexorable chute des illusions. De la façon dont, inévitablement, de faux pas en faux pas, cet espace de dialogue,d’ouverture à l’esprit, à la réflexion, à l’émotion, que représente la scène, se métamorphose en un lieu fermé sur lui-même, et pour l’artiste coupé du monde, en prison. Ce qu’il met en scène, c’est également la confusion née de l’imbrication des langages : « Dans Mefisto for ever le langage est double. Il y a celui du théâtre et celui du dehors. Les deux finissent par se rejoindre, dans une même forme de mensonge : celui du jeu | ||
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de l’acteur, fait pour séduire et convaincre. » Là, ce ne sont pas les artistes qui exercent une influence sur la vie politique, ce sont les politiques qui imitent les artistes, qui jouent aux acteurs pour « séduire et convaincre » leur « public », retenir et maintenir son attention, son intérêt. Pour obtenir son obéissance. Colette Godard |
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