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du 11 au 16 mai

TARIF A

REPRISE

 

Regarde maman, je danse

Vanessa Van Durme
Frank Van Laecke

de et avec Vanessa Van Durme

traduction Monique Nagielkopf
mise en scène Frank Van Laecke
coaching Griet Debacker
lumières Jaak Van de Velde

  VANESSA VAN DURME
Né à Gand en 1948, élève comédien au conservatoire de Gand, fait ses débuts dans la Compagnie NTGent, et en 1975 part pour le Maroc, devient le premier transsexuel belge. À son retour au pays, Vanessa Van Durme ne trouve de travail que dans la prostitution. En 1995, elle rejoint la scène en écrivant pour le théâtre et la télévision, notamment un feuilleton, Amour et Chance, et devient une vedette de la radio. Alain Platel lui demande de jouer Tosca, mère de quatre enfants de pères différents dans Tous des Indiens. À partir de là, elle se veut à nouveau actrice, rejoint la Compagnie Theater Victoria de Gand, y interprète en 2005 White Star, l’histoire de Lothar Berfelde qui a vécu toute une partie de sa vie en travesti. Ce qui lui a donné le courage d’écrire Regarde maman, je danse. De l’adapter pour la scène. De l’interpréter.
  Rien n’est simple dans la vie de Vanessa Van Durme. La saison dernière, elle est venue aux Abbesses présenter son spectacle, c’était donc en novembre 2007, juste pendant les grèves des transports. Heureusement, elle y revient. Elle y était déjà en 2000 avec Alain Platel dans Tous des Indiens, en mère de famille nombreuse, bousculée par sa progéniture. Cette fois, elle est seule. Juste en compagnie de deux bébés en celluloïd, garçon et fille, car c’est sa vie qu’elle raconte, plus bousculée encore.
La vie d’un garçon qui rêvait d’être danseuse. Ses parents auraient tant voulu une fille, qu’ils se sont montrés déboussolés, certes, mais tendrement compréhensifs. Malgré tout, rien n’est facile. Après avoir été au plus commode et essayé l’homosexualité, le jeune homme se rend compte que la solution est ailleurs. Et qu’il doit retrouver, rejoindre, sa réelle identité. Nous sommes en 1975, rien n’est prévu en Belgique, ni d’ailleurs en Europe, pour ce genre de situation. Alors le voilà parti au Maroc, se faire opérer.
Au retour, il s’agit de vivre. C’est un autre voyage, que Vanessa doit entreprendre, encore plus difficile, toujours plus bousculé. Et alors ? Pouvait-elle agir autrement ? Non. La réponse est claire, endossée avec panache, avec un humour carré, qui, mieux que les grandes phrases, dit le courage. Le courage d’accepter « que quoi qu’elle fasse, elle sera toujours pour les autres “un phénomène”. Mais c’est une femme, tout simplement qui est là, sur scène, avec son mètre quatre-vingt-dix, sa combinaison rose, ses pieds nus » (Brigitte Salino, Le Monde). Et qui se livre, sans fausse pudeur, avec des mots qui disent le mal
      et la rage de vivre, la découverte du bonheur d’être soi. Des mots qui font rire, frémir, qui secouent.
D’abord, Vanessa a écrit son autobiographie. Puis, l’a transcrite pour la scène, car avant toute chose, elle est actrice. Alors elle avait besoin dire les choses telles qu’elles sont, tout haut, et directement. « C’est la confession d’une enfant blessée, ce long chemin qu’elle a dû suivre pour être enfin elle-même, chemin de croix, chemin de soi, épreuves, humiliations, désespoir. Mais cette artiste ultrasensible va au-delà des aveux. Elle joue et se joue des pièges du parler vrai. Elle déjoue la tentation larmoyante » (Armelle Héliot, Le Figaro).
« C’est le fado lancinant d’un être humain à la recherche du simple bonheur », écrit son metteur en scène Frank Van Laecke. Qui pourrait y rester indifférent ?

Colette Godard