08 juin 2026
Fragments de savoirs vivants : sons et silences de la nature
Et si les sons et les silences nous permettaient de mieux écouter le vivant ? Ces Fragments de savoirs vivants proposent une exploration sensible de notre rapport à la nature, à l’écoute et à notre manière d’habiter le monde sonore.
Il sera question de la richesse des paysages sonores, de ces bruissements, chants et résonances qui témoignent de la vitalité du vivant ; de la place du silence, non comme absence mais comme espace d’attention et de respiration ; de notre capacité à renouer avec une écoute profonde, attentive aux équilibres fragiles qui nous entourent. Il s’agira de comprendre, partager et créer.
Trois regards complémentaires se répondent, ouvrent de nouvelles perspectives et invitent à une réflexion partagée sur le sens et la portée des sons et des silences dans notre relation au monde.
INTERVENANTS
Comprendre
Le vivant sait se faire entendre. Les oiseaux, les amphibiens, les insectes, les mammifères et même les poissons s’expriment par des sons pour interagir et survivre. Ces discussions, mêlées à nos propres activités parfois bien bruyantes, constituent des paysages sonores, dont l’analyse nous informe sur l’état écologique de notre planète. Faire de l’écologie par les oreilles nous oblige à être attentifs aux autres… et aux silences. Plongez dans le vivant par l’écoute !
Jérôme Sueur, écoacousticien, enseignant-chercheur au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), auteur de Histoire naturelle du silence et Frontières vivantes chez Actes Sud. Il étudie la biodiversité par l’écoute et l’analyse des paysages sonores naturels.
Partager
Lorsque vous cheminez dans un territoire inconnu, percevez-vous pleinement la présence des autres animaux non-humains ? Avez-vous conscience des mutations récentes du paysage ? Ressentez-vous l’impact des activités humaines sur les écosystèmes ? Convaincu que les arts vivants peuvent aider à appréhender la crise écologique, Daniel Cadot cherche à concilier science, théâtre et publics. Sur le terrain, il capte des données environnementales (sonores, atmosphériques, biologiques…), ainsi que des récits locaux sur l’évolution des paysages. Puis il s’efforce de transformer ces données en expériences incarnées et partagées.
Daniel Cadot, designer de l’ENSCI-Les ateliers, doctorant au MNHN, en contrat doctoral financé par le projet SOUND*. En s’appuyant sur la captation en temps réel de données environnementales (sonores, atmosphériques, biologiques…), il vise à concevoir un "laboratoire scénique " - où science, théâtre et public convergent.
Créer
« J’entrevois la possibilité d’une musique construite spécialement pour le plein air (…) Il y aurait là une collaboration mystérieuse de l’air, du mouvement des feuilles et du parfum des fleurs avec la musique ». C’est en ces termes que Debussy rêvait, à voix haute, d’une musique qui suive les lois de la nature et qui collabore avec elle, comme une évidence, dans ses sons comme dans ses silences habités. Selon lui, la musique est « faite pour l’inexprimable », et, dans son œuvre, il recourt sans cesse au silence comme à un « agent d’expression, et peut être la seule façon de faire valoir l’émotion d’une phrase ». Là réside sa révolution.
Emilie de Fautereau Vassel, chercheuse en littérature et musicologie, spécialiste de Claude Debussy, docteure ès-lettres de Sorbonne Université. A travers les artistes qu’elle étudie et sa propre pratique artistique, elle rend vivante et accessible la rencontre entre l’analyse savante et l’expérience sensible.
Lectures avec la Troupe du Théâtre de la Ville (Stéphane Krähenbühl, Anne Duverneuil) et accompagnement musical avec Arman Méliès.
Cet événement est soutenu par l'Alliance Sorbonne Université dans le cadre du projet « SOUND - pour un nouvel engagement » financé par l'ANR au titre de France 2030 (ANR-22-EXES-0004)